- Adèle, doucement, ne va pas trop vite. C'est ta petite voix qui te le conseille. Rien ne sert... Tu y perdrais ton âme et ta fierté. Souviens-toi de ces fois où tu as voulu dépasser les limites, la réalité, souviens-toi, tu étais perchée sur un nuage ; ton inconscience te voilait la face. Je me suis même demandée à l'époque si tu n'étais pas naïve... J'espère que tu ne m'en voudras pas. J'espère que ma franchise ne gâchera pas notre amitié, ni ta confiance. Je sais de quoi tu es capable, je sais que les naufrages ne te font plus peur. Alors maintiens loin de toi celui qui est en train de te sonder. Il te tiendra encore plus prisonnière que les précédents, je le sais. Crois-moi. Ecoute-moi.
- Oui, je t'écoute et je te fais confiance. Pour rien au monde je ne t'en voudrais de me confier tes impressions. Quelles soient agréables ou blessantes, peu m'importe, elles me sont très précieuses. Tu seras la seule à me dire réellement ce que tu penses, et c'est ce qui compte. Je vais tenter d'avancer doucement, de ne pas me laisser enivrer. Je n'ai pas envie de retrouver les méandres de la blanche et de l'ivresse.
Sais-tu que j'essaie depuis des semaines et des semaines d'attraper cette lumière qui vient vers moi puis s'enfuie? Sais-tu pourquoi elle semble douter de moi à ce point? Elle parait si sûre d'elle quand je la vois s'approcher de moi et soudainement si craintive. Je sais que le jour où je l'aurais attrapée, tout sera beaucoup plus simple.
Je suis pressée de la sentir entrée en moi, je suis pressée de me sentir réchauffer de son souffle tendre. J'aimerais me fondre en elle comme on se fonderait dans un torrent de fumée douce et luisante.
Regarde, j'ai ralenti. J'espère que tu es fière de moi.
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