Tu ne sauras jamais à quel point ces mots, ces intonations me fendent le coeur. Et je ne te montrerai peut-être jamais à quel point je suis blessée par ces mots, ces intonations qui me fendent le coeur.... Es-tu capable seulement de voir? Ou de comprendre?
Essaies... Essaies de glisser ta main et de retirer les mauvaises herbes. S'il te plaît... Peut-être alors nous serions soulagés... Peut-être alors je ne regretterai pas d'avoir remis le navire qui nous transporte sur le droit chemin. Et si tu m'écoutes, si tu entends mes paroles, peut-être alors que nous arriverons sains et saufs devant cette lumière qui nous attend là-bas. Il faudrait brûler les mauvaises herbes... je me demande si tu en es capable.
Pour le moment, je sens que c'est peine perdue.
Essaies encore...
Porter en soi l'amertume d'un destin qu'un autre s'est construit tout seul, n'est pas donner la paix à soi-même. Porter en soi la culpabilité des choix d'un autre, n'est pas nécessairement prompt à sauver son propre destin.
J'insiste, j'aimerais te voir brûler ces putains de mauvaises herbes. Elles foutent la merde entre nous, nous empêche de construire notre maison, et nous détruisent. Elles ne servent à rien, seulement à envahir et pourrir notre espace de vie.
Tant qu'elles seront là ces mauvaises herbes, je ne serai pas sereine. Je ne suis pas de ces personnes qui arrivent à vivre avec. Je suis Adèle; idéaliste, sensible et émotive, fière de ces qualificatifs, mais souvent paralysée par eux. Pour vivre avec ces mauvaises herbes il aurait fallu que je puisse courir sans être essoufflée, que je sois peinée sans me laisser aller aux larmes, que je puisse sentir une boule au ventre sans me plier en deux, et en laisser une autre gonfler dans ma gorge sans que cela coupe ma voix.
Il aurait fallu que j'ignore ces fameuses paroles blessantes, ces intonations irritantes.
J'aimerais laisser tout couler dans mon dos, d'une violence qui échapperait aux mauvaises herbes, telle une cascade Américano-Canadienne. J'aimerais pouvoir me plonger dans cette eau sans me noyer. Me cacher derrière la chute et me construire mon univers. Celui qui me libérerait enfin de tous ces démons qui veulent me voir chavirer une nouvelle fois. J'aimerais enfin me laisser porter par cette eau, allongée sur le dos, les bras en croix, la tête vers le ciel, les yeux grands ouverts...
Pour toujours... Ne plus penser.... Ne plus attendre...
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