lundi 18 juillet 2011

Adèle s'impatiente

Adèle n'aurait jamais songé que cette épreuve serait si périlleuse. Cet océan est terriblement houleux et passionné, il ne laisse rien passer au hasard. Il défile devant nous, nous laissant défiler derrière lui, puis fait paraître et traîner près de lui quelques pièges qu'il nous faut éviter. Mais comme la parole n'est pas son fort, il ne répond pas aux questions qu'on lui pose. Si rien n'est clair, si rien ne se précise, on ne peut pas vraiment aller bien loin. La parole libère, la parole est maître quand le silence est son esclave, mais si l'on ne se décide pas à entreprendre les meilleurs soins pour laisser agir la voix, on ne percevra jamais un seul son, une seule lettre, un seul mot... Rien... Comment comprendre? Comprendre prendre la bonne décision?
Parfois, Adèle s'entend dire que, si elle avait su que sa patience serait prisonnière du temps, elle aurait préféré un autre océan. Parfois même Adèle s'entend dire qu'elle aurait dû préférer les airs, et choisir de monter dans un avion, le piloter pour s'envoler haut, très haut et planer, se retrouver près des nuages, loin du sol, près du ciel. Les couleurs y sont peut-être plus douces, se dit-elle, les sentiments plus apaisés et sereins.
Adèle tente de garder patience face au temps qui passe, qui passe si vite que demain sera déjà l'année dernière. La tête embrouillée, embourbée dans des mauvaises pensées, Adèle ne parvient pas à se dégager de ce sentiment. La lutte est si douloureuse qu'elle remet en question... Quoi? Rien, finalement...

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